ON A ROULÉ AVEC LUCAS DE ROSSI – DELKO MARSEILLE PROVENCE

12/02/2019

Texte : Foucauld Duchange | Photos : Damien Rigondeaud 

Alors que la bataille pour les premiers podiums de la saison fait déjà rage, nous avons profité d’une agréable boucle à l’ouest de Marseille, dans la roue de Lucas De Rossi. A 23 ans, ce régional de l’étape est l’un des plus jeunes coureurs de l’équipe Delko-Marseille-Provence. Il vit et s’entraine à Carry-le-Rouet, le fief familial situé à quelques tours de manivelles de l’agitation de la cité phocéenne. Nous le trouvons en train de se faire un café, la mer en ligne de mire, tandis que sa dernière lessive sèche sur la terrasse.

 

Lucas a commencé par le VTT. Il y a longtemps brillé sous les couleurs d’Aix VTT avant de passer à la route. Aujourd’hui, il veut s’y concentrer à 100 %. Même pour l’entrainement ou varier les plaisirs, les crampons ne sont plus de mise. Passé par le Vélo Club La Pomme, celui qui songeait à devenir fusilier marin pour voir du pays est ravi de cette vie de nomade qu’implique le cyclisme professionnel.  Si les exigences des courses ne permettent pas de regarder le paysage, l’excitation de voir le chemin parcouru dans tant d’endroits différents au gré de ses 27 000 kilomètres annuels est une belle récompense. Reste aussi les recos. Pour sa première saison, Lucas a eu l’opportunité de faire la Flèche Wallonne. La violence du triple enchainement du Mur de Huy et de son célèbre virage Criquelion l’a marqué, tout comme l’ambiance qui régnait déjà sur les routes la veille de cette course pour puncheurs. Lui est plutôt loué pour ses facultés de récupération. Elles lui permettent de s’épanouir sur les courses à étapes vallonnées comme le Tour du Doubs qu’il aimerait retrouver cette année.

On a roulé avec Lucas de Rossi Café

Malgré un soleil radieux, le fond de l’air est frais. Lucas étrenne la paire de sur-chaussures qui ne lui a été d’aucune utilité lors du stage de début de saison à Alicante. Les coureurs y roulaient en court. De quoi faire pleurer plus d’un cycliste au dessus de la Méditerranée… Au menu du jour : quatre-vingt bornes sans forcer, entrecoupées d’une dizaine de petits sprints. Ils permettent que le corps ne s’endorme pas et s’habitue à faire l’effort d’un sursaut lorsqu’on le sollicite à la relance en course.

 

Derrière son air détendu, Lucas est d’une rigueur irréprochable. La seule chose qui lui manque dans cette vie de sacrifices ? Le fromage et surtout les raclettes. « Pourtant je ne suis pas savoyard » dit-il en riant, tout en grimpant grand plateau. Il faut croire que ses écarts sont peu nombreux car en ce début de saison il n’est qu’à un kilo de son poids de forme. L’été s’annonce offensif.

 

En passant en crabe vers l’Estaque, comme le chanterait Jul, la gloire locale, nous passons un graffiti affirmant que « la beauté se raconte encore moins que le bonheur ». Comment peut-ont quitter cette lumière unique de la Méditerranée ? Des chemins communaux désertiques aux grandes artères inévitables, nous suivons Lucas dans son métier. C’est là que frappe la fragilité de ces coureurs pros qui n’ont que la route comme stade ou terrain. Notre homme reste imperturbable malgré le souffle des poids-lourds qui le doublent sans un regard. La mer réapparait et nous stoppons pour l’immortaliser devant la Côte Bleue, son décor de prédilection, qui s’étend de Martigues à Marseille.

On a roulé avec Lucas de Rossi Sprint à côté du camion
On a roulé avec Lucas de Rossi Repas post-sortie

De retour à la maison, nous entrons chez Madame De Rossi, la grand-mère de Lucas, qui vit juste à côté. Tout en lui préparant des œufs pochés pondus par ses trois poules, elle nous dit son admiration devant toutes les concessions que son petit-fils accepte de faire à un âge où il serait facile de se laisser aller aux plaisirs de la jeunesse. Lucas reste imperturbable et compte les quelques noisettes qu’il s’accorde pour assaisonner sa salade. Quant à nous, nous avons droit à une plâtrée de pâtes al dente sur laquelle nous osons mettre une double ration de fromage. Désolé Lucas…

 

Roulez sur les traces de Lucas De Rossi :

 

De la quiétude du port de Carry-le-Rouet, l’itinéraire vous fait grimper vers Le Rove pour « tomber » sur l’Estaque. La route effectue un plaisant petit détour sur la droite pour éviter le tunnel avant de vous faire bénéficier d’une vue absolument spectaculaire sur Marseille. Un petit coup de grimpette permet de rejoindre une voie détournée qui sillonne la garrigue avant de rejoindre Les Pennes-Mirabeau. Mettez les mains en bas et entrez en mode contre-la-montre si le cœur vous en dit. A Martigues, les réjouissances recommencent grâce à la Route de Saint-Pierre qui plonge ensuite vers Carro (idéal pour un café et plus si affinité). Il ne vous reste qu’à longer la Côte Bleue pour revenir à la case départ.

 

La sortie sur Strava : https://www.strava.com/activities/2125804034

On a roulé avec Lucas de Rossi Plage
On a roulé avec Lucas de Rossi Ravitaillement
On a roulé avec Lucas de Rossi Ligne droite le long de la mer